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mardi 14 août 2012

Correction de la Lépi: La machine en passe d’être grippée


(Le Matinal 14/08/2012)


Flopée de déclarations, attaques tous azimuts, la semaine écoulée aura livré les pages d’une crise politique encore actuelle. On pensait que l’accalmie était révélatrice d’une paix retrouvée, mais la déclaration du Président de la République Yayi Boni, le 1er août aura mis à nu une fracture entre les deux tendances politiques en présence. 

Dans un contexte pareil, on se demande si la recherche de consensus autour de la Lépi n’est pas une bataille inutile. La machine Lépi quoiqu’on dise est grippée d’avance.
Devrons-nous assister à une simagrée de consensus autour de la Lépi ? Sans hésiter, on répondra par l’affirmative. La classe politique corse la division à un moment où on a plus que jamais besoin de l’unité des vues autour de cette question d’intérêt qu’est la Lépi. Il n’y a rien à espérer de ce consensus, peut on dire avec raison, puisque rien qu’à voir l’actualité sociopolitique tendue de la semaine dernière, on se rend compte qu’il y a un profond malaise et une vraie question de fond qui n’est toujours pas réglée. Le dialogue politique, l’unité nationale volent en éclats et en lieu et place des démarches conciliatrices, on assiste à une cristallisation des forces politiques appartenant à une même chapelle contre d’autres. La naissance du Front unifié au sein duquel se retrouvent les partis de l’opposition et la création tous azimuts des mouvements dénommés « Trop c’est trop », Y en a mare » et autres suscités ou non par les forces de l’opposition, dénote d’une vraie paralysie. En face, les acteurs de la mouvance s’inscrivent aussi dans une logique de réponse du berger à la bergère. Chacun y va de ses arguments pour battre en brèche tout ce qui est dit par les acteurs de l’opposition. Même si on peut lire derrière toutes ces sorties, des stratégies politiques, il faudra aussi éviter de balayer du revers de la main, l’évidence d’une crise politique latente.

L’accumulation des frustrations, le nœud de l’emmurement

Pour les acteurs de l’opposition, la démocratie est en danger et il faudra la sauver par tous les moyens. Selon eux, il y a une volonté affichée du régime actuel de restreindre à tout prix les libertés, à travers un musellement systématique des leaders d’opinion de l’opposition. Ils citent souvent en exemple, les interdictions des marches de l’opposition, les menaces et la mise entre parenthèse des libertés fondamentales que sont la liberté d’expression, la liberté de manifestation et autres. Dans leur lutte, des leaders de l’opposition ont créé des mouvements et des unions pour se faire entendre. C’est dans ce climat déjà inconfortable que sont intervenues les déclarations du Chef de l’Etat. Ce qui chagrine n’est pas dant les propos du premier magistrat, mais plutôt la volonté quelque peu affichée qu’on remarque de corser la tension en interdisant systématiquement à certains acteurs de l’opposition de s’exprimer. A Abomey, l’impressionnant dispositif sécuritaire mobilisé en un rien de temps, n’a pas permis aux jeunes de l’opposition de se faire entendre. Mais dans cette même ville, une autre manifestation a été autorisée à d’autres militants proches du Pouvoir en place. La même scène s’est produite récemment avec l’ancienne ministre de l’enseignement secondaire du Président Mathieu Kérékou, Rafiatou Karimou. Pourtant, dans le même temps, d’autres proches de la mouvance ont battu le macadam pour afficher leur soutien au regime. Les exemples du genre sont légions. Au-delà des questions de procédures administratives souvent avancées pour justifier ces interdictions, on se demande s’il n’y a pas derrière tout ceci une volonté affichée d’étouffer la liberté d’expression de l’opposition. En tout cas, le constat est là et l’emmurement demeure, parce qu’au fond, aucun effort n’est en train d’être fait d’un côté comme de l’autre, pour revoir les stratégies et jouer enfin la carte de l’apaisement. Dans un contexte pareil, il serait illusoire de demander aux acteurs en présence de se retrouver autour d’une quelconque table pour échanger. Le consensus a quoiqu’on dise, du plomb dans l’aile et à défaut d’avoir une Lépi consensuelle, on assistera cette fois-ci à une Lépi à une vitesse.

AT 
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