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mercredi 16 janvier 2013

Procès en diffamation et offense au chef de l'Etat: le jour de vérité pour Dr Yayi et Me Agbo


(Adjinakou 16/01/2013) 

Le procès en diffamation et offense au Chef de l'Etat et à certains membres du cabinet civil du Chef de l'Etat qui les oppose à Me Lionel Agbo connaitra certainement son épilogue à l'audience de ce jour. Si, au terme de l'audience, c'est le Chef de l'Etat et ses collaborateurs qui gagnaient, ce sera un désaveu pour tous ceux qui ont eu à travailler à un moment donné avec Boni Yayi, et qui se répandent en critiques contre sa gouvernance et son style. Par contre, si c'est Me Agbo qui l'emporte, c'est que les cas de corruption dénoncés sont avérés et l'opinion publique avisera.

Me Lionel Agbo retourne devant le juge ce jour pour les deux dossiers. Poursuivi pour diffamation et offense au Chef de l'Etat et complicité de diffamation de certains collaborateurs du Chef de l'Etat, le prévenu sera fixé sur son sort ce mercredi. En effet, le 09 janvier dernier, le juge Gilbert Togbonon a repoussé le délibéré à ce jour à la demande de Me Lionel Agbo et de ses avocats. Au début de la séance du 09 janvier dernier, le juge a annoncé que l'exception d'inconstitutionnalité soulevée par la défense par rapport à la violation des droits du prévenu, a été jugée irrecevable par la Cour constitutionnelle. C'est alors qu'il a été demandé à Me Lionel Agbo de communiquer " ses pièces " autrement dit d'apporter les preuves de ses allégations. Mais, les avocats du prévenu qui avaient saisi la haute juridiction ont opposé un refus catégorique à la demande du juge. Ils arguent du fait qu'ils n'ont pas encore reçu la décision de la Cour constitutionnelle et que le tribunal a l'obligation de renvoyer l'audience pour que la Cour remplisse cette formalité. Ce que réfute le ministère public représenté par le Procureur de la République, Justin Gbènamèto qui estime que le tribunal n'est pas lié par les formalités de la Cour constitutionnelle et invite par conséquent le président du tribunal de séance à poursuivre les débats. Mais, face à l'intransigeance de Me Lionel Agbo et de ses avocats, le juge Togbonon a renvoyé le dossier à ce jour.

Les regards sont donc tournés vers le tribunal pour ces deux dossiers qui durent déjà plus de trois mois afin de savoir si Me Lionel Agbo sera condamné ou acquitté. De toutes les façons, le dossier de l'avocat et ancien porte-parole de la présidence est symptomatique de la gouvernance de Boni Yayi. En effet, les deux procès de Me Lionel Agbo démontrent s'il en était encore besoin que lorsqu'on travaille avec le Chef de l'Etat et qu'à un moment donné on prend ses distances, on n'a pas le droit de critiquer la manière dont le pays est géré. Lorsque vous osez le faire, c'est la porte ouverte à tout. Soit une affaire vous est collée au dos pour vous réduire au silence ou soit vous êtes contraints à l'exil. Les exemples sont légions. En tout cas, Me Lionel Agbo l'a appris à ses dépens avec ses procès à rebondissements.

Pour l'heure, toutes les attentions sont focalisées sur l'issue de cette énième audience où il faut le rappeler le Procureur de la République représentant le ministère public avait déjà, au procès du mercredi 19 décembre 2012, demandé au juge de condamner Me Agbo à 12 mois d'emprisonnement ferme avec décernement immédiat d'un mandat de dépôt pour " complicité d'offense au Chef de l'Etat ". A l'en croire, le Chef de l'Etat n'est pas un citoyen ordinaire pour qu'un individu fut-il ancien collaborateur puisse faire des allégations aussi graves que celles faites par Me Lionel Agbo. Mais, contre toute attente, le juge ne va pas suivre le Procureur de la République et renvoie tout simplement le dossier à ce jour. Si, le juge décide de condamner l'avocat et homme politique, ce serait une double défaite : défaite pour l'homme de droit qu'est le prévenu et défaite pour tous ceux qui se sont fâchés à un moment donné contre Boni Yayi. Par contre, si le juge l'acquittait, ce serait une victoire pour la justice béninoise et cela relancerait la polémique sur la corruption au sommet de l'Etat. Ce faisant, les Béninois se feront une opinion sur leurs dirigeants. Le procès de ce jour nous en dira d'avantage. 


Edgar Gnimavo


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