mardi 2 avril 2013
Conseil d’orientation et de supervision de la LEPI (COS/LEPI): tractations pseudo politiques
(L'Evènement Précis 02/04/2013)
C’est le jour J. Aujourd’hui, seront officiellement connus, en effet, les députés membres du Conseil d’orientation et de supervision de la LEPI (COS/LEPI). Jour de tractations, de manoeuvres, de coups et de manigances, les députés béninois ne sont jamais habiles qu’en ces temps-ci où il y a des intérêts personnels colossaux à défendre. La dernière fois où un tel climat a régné au sein de la représentation nationale, c’était en 2009, lors de la désignation des parlementaires devant siéger à la CPS/LEPI. Rudes batailles, chicaneries et autres manoeuvres souterraines avaient meublé ce choix. Chacun sait les rentes tirées de la participation à ces organes ad’ hoc.
Il y a eu, jusqu’ici, non seulement les émoluments consistants qui se distribuent aux honorables, mais aussi les clientélismes en tous genres qu’ils permettent d’entretenir. Le mot « achat de voix » n’a jamais autant pesé dans la balance politique qu’en ces temps-là. Dans la plupart des partis, une partie des dividendes est versée à la caisse. Il y en a un au moins où l’appui fourni est clairement assis sur des bases de marchandage. Le butin est partagé comme au bon vieux temps des razzias, entre le combattant venu du front et le chef de guerre resté en couverture.
Ce commerce florissant a rapporté en 2011 pas moins de 22 millions de FCFA par membre. C’était la partie visible de l’iceberg. En sous-main, on sait que des arrangements nombreux s’organisent. Ils ont permis à certains députés de s’en tirer alors avec parfois plus du double des chiffres officiels. Les parlementaires démissionnaires s’en étaient mordu le doigt. Certains s’en sont ouverts plus tard à des proches, allant jusqu’à réclamer, à la fin des opérations, un rappel sur leurs soldes impayés, condition sine qua non à l’époque du dégel de la crise. Il a fallu une fermeté absolue pour sortir de ce guêpier.
Les membres réguliers ont pu acheter de nouvelles parcelles, construire de nouveaux châteaux ou satisfaire telle lubie de leur maîtresse préférée ou telle autre exigence de leur « base ». L’argent récolté est distribué comme dans la mafia sicilienne. C’est pour éviter ce piège que les innovations contenues dans le code électoral en instance d’être voté tendent à réduire la composition de la CENA au strict minimum. Les verrous qui y sont posés de ci de là, veulent faire croire que les anciens marchandages vont être bannis. Attendons de voir. Ce qui est évident, cette fois-ci, c’est la reconduction presque totale des anciens membres de la CPS/ LEPI dans le COS.
Le cas exceptionnel de la RB sera décanté aujourd’hui, puisqu’une guerre de tranchée s’organise en ce moment même au sein du parti avec des menaces claires qui risquent de sonner l’équilibre précaire existant au sein du groupe. Mais ce qui fait peur à tous, c’est le comportement hideux des députés démissionnaires de la CPS qui ont contribué, pour une bonne part, au sabordage du processus en 2011. Profitant des échéances qui s’annoncent, l’on s’attend naturellement à des règlements de comptes visant à mettre un terme à certaines tendances trop prononcées à l’indépendance vis-à-vis de la direction du parti. Le fait est que les démissionnaires d’hier sont encore là, à nouveau.
Sauront-ils rester vigilants sans nuire à l’instrument en cours de réalisation ? C’est la question. Les enjeux financiers sont importants pour chacun des députés. Dans un pays où le système électoral est conçu à dessein pour servir de vache à lait pour les partis et leurs barons, il n’y a pas de raison pour que les pratiques d’antan ne reprennent. Déguisées ou non. Il faudra parvenir un jour à un système responsable où les prestations électorales ne sont pas largement et généreusement monnayées. En 2011, des voix se sont élevées pour crier haro sur le baudet.
Peine perdue. Même les organisations de la société civile, y compris des religieux notoires, se sont lancées dans la course au gain. En oubliant toute soutane et toute Bible. Comme dans les démocraties chevronnées où elles sont bénévoles, les prestations électorales ont besoin de tendre vers une citoyenneté désintéressée. Elles éviteraient le jeu sauvage
des tractations d’aujourd’hui qui donnent de nos processus
électoraux le honteux spectacle de la pourriture.
Par Olivier ALLOCHEME
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