lundi 18 février 2013
Après la grâce présidentielle de Yayi à Me Lionel Agbo: toujours le statu quo entre les deux parties
(Le Matinal 15/02/2013)
Le président Yayi Boni a décidé d’accorder sa clémence à Me Lionel Agbo, son ancien Conseiller spécial condamné à 6 mois de prison ferme pour délit de complicité d’offense au Chef de l’Etat. Mais le principal intéressé n’a jusqu’à présent pris aucune initiative pour donner suite à l’offre de son ancien patron. Et sa défense semble lui donner raison.
Deux semaines après l’offre de grâce présidentielle à Lionel Agbo, aucune démarche n’a encore été entreprise pour concrétiser cette clémence. Approchés mercredi dernier, plusieurs avocats de Lionel Agbo ont souligné que c’est toujours le statu quo. « Rien, rien du tout », a laissé entendre Me Patrick Tchiakpè. Me Alain Orounla confirmera également la situation toujours floue. Selon lui, le principal intéressé, c’est-à-dire, Me Lionel Agbo n’a encore pris aucune décision. Alors qu’il pourrait le faire pour enclencher la procédure de mise en œuvre de la grâce s’il l’acceptait. « A ma connaissance, aucun rapprochement n’a été fait ni avec les avocats que le Chef de l’Etat avait choisis ni avec les officiels du Palais pour régler les modalités de ce pardon qui n’a pas été encore officiellement accepté », informe Me Alain Orounla. Il poursuit : « Il y a d’ambigüités. Si nous devons discuter, ce serait pour expliquer au Chef de l’Etat qu’il aurait admis que son désistement, pour être efficace, attende que la Cour d’appel se prononce.
Et c’est dans le cadre de cette procédure d’appel, lorsque la Cour d’appel va statuer qu’il confirmera son désistement et nous aidera à obtenir la relaxe devant la Cour d’appel. Mais cela n’est pas la démarche du président de la République puisqu’il ne dit pas qu’il n’a pas été offensé. Il a tenu à ce que l’offense soit lavée par un jugement de condamnation qui à ses yeux, signifie que son ancien collaborateur n’a pas dit la vérité ou a menti ». L’avocat affirme concevoir difficilement, à l’étape actuelle du dossier, comment la défense peut répondre favorablement à l’offre du Chef de l’Etat s’il tient coûte que coûte à « laver l’offense ». « J’entends certains confrères qui ont été commis par le Chef de l’Etat, jouer les graves affaires en disant qu’il faut nécessairement passer par la case prison. Ce n’est pas nécessaire », fait-il observer.
L’amnistie, pour apaiser les tensions…
Me Alain Orounla soulignera que même si les conditions avaient été réunies, la grâce n’est pas le meilleur moyen d’exprimer un pardon. Pour lui, la condamnation demeure puisque « la grâce signifie tout simplement qu’on dispense le condamné de purger sa peine. Elle reste la confirmation de la culpabilité ». Et face à l’impasse, il propose une autre solution au président Yayi Boni : « Ce qui serait approprié dans ce méli-mélo si on ne peut plus avoir la patience d’attendre pour apprécier tout le monde, c’est une amnistie. L’amnistie fait disparaître l’infraction et donc la condamnation subséquente… Je pense que c’est l’instrument approprié pour apaiser les tensions. Mais pour l’amnistie il faut une loi »
Silence chez les conseils de Yayi
Joint au téléphone mercredi dernier, Me Paul Kato Attita, l’un des conseils du président Yayi Boni n’a pas voulu s’exprimer sur l’évolution du dossier. Toutefois, il faut rappeler que cet avocat avait, dans l’une de ses réactions au lendemain de la publication du communiqué de la présidence de la République sur la grâce accordée, montré que c’est à Lionel Agbo d’accepter la main tendue. « Le Chef de l’Etat a pris une décision de haute portée que l’on devrait louer au lieu de faire la polémique... Si Me Lionel Agbo accepte volontiers cette main tendue conformément au communiqué de la présidence, les choses seront mises en œuvre pour que le pardon se traduise en réalité. Mais s’il refuse, et qu’il veut toujours du procès, ce procès va se poursuivre », avait-il déclaré.
Allégresse Sassé
AGIR ENSEMBLE ~ ACT TOGETHER
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